mercredi 28 octobre 2009

Donner un autre pli à la ville


« D-pl[i]age » est exposé à l'école d'architecture jusqu'à vendredi (photo: Doriane Kalbe)

Le hall de l’école d’architecture résonne de cris et d’un bruit singulier, celui de balles de ping-pong. Dans le cadre des Journées de l’architecture, le collectif strasbourgeois 3RS y expose jusqu’à vendredi son « D-pl[i]age ». Le projet, constitué de quatre panneaux de 2m40 sur 2m40 qui se plient et se déplient à la manière d’un accordéon, permet différentes activités : sieste, barbecue et ping-pong. Au delà du défi technique, c’est une nouvelle manière de concevoir l’espace urbain que souhaitent promouvoir les concepteurs de ce paravent ludique.

« Penser la ville autrement »

En 2008, « D-pl[i]age » a terminé lauréat parmi les 200 projets déposés par des jeunes architectes lors du concours Minimaousse. La troisième édition, organisée par la Cité de l’architecture et les grands ateliers de l’Isle d’Abeau, avait pour thème « créer une architecture dépliable pour des rituels d’été ». Cinq membres du collectif d’architectes 3RS l’ont décliné à leur sauce : « Notre objectif était de créer un espace de rencontre et de partage. Proposer plusieurs activités pour que jeunes et vieux, intellos et sportifs, tout le monde y trouve son compte », explique Guillaume Christmann, un des concepteurs du projet.
Le concours leur a permis de construire les quatre panneaux exposés boulevard du président Wilson. Mais bien d’autres modules ont été imaginés et dessinés : terrain de basket, bain de soleil, balançoires, ou encore damiers.
Voir la vidéo réalisée par le collectif 3RS:



Pour une architecture modulable et écologique


Pour autant, le collectif 3RS ne souhaite pas faire de ce mobilier urbain un « protype industriel, mais plutôt un élément de réflexion sur l'architecture, poursuit Guillaume Christmann. Notre démarche n'est pas commerciale, mais plutôt expérimentale ».
Le collectif 3RS a été créé en 2001 en réaction au bâti actuel, « figé, contraignant, coûteux », explique Xavier Nachbrand, également membre, « il ne permet pas de s’adapter rapidement aux nouveaux besoins des villes ». Ses 12 membres actifs, majoritairement urbanistes ou architectes, défendent des constructions modulables, comme des lego. « Cela permettrait d’éviter les destructions en série, comme les HLM aujourd’hui. Ce serait plus écologique. »
Ils défendent leur vision à travers deux ou trois projets par an, qu'ils montent sur leur temps libre. Parmi leurs principales réalisations, un hôtel éphémère de 50 lits, entièrement en échafaudages, dans le cloître des Trinitaires à Metz, ou plus récemment, la scénographie urbaine du festival l'Ososphère. « Nous envisageons une exposition globale sur nos travaux, afin de prouver que notre conception de l'architecture est réalisable », développe Guillaume Christmann.
En attendant, «D-Pl[i]age» est visible jusqu'à vendredi 30 octobre, mais déjà des contacts ont été pris pour de prochaines expositions.

Maryline Dumas
Doriane Kalbe

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